Hypnose et sport, utiliser les capacités de son cerveau en compétition comme à l’entraînement ?

C’est tellement à la mode en ce moment, malheureusement il est souvent difficile d’y voir clair sur l’intérêt réel de cette pratique. Cette discipline véhicule beaucoup de mythes. Il s’agit avant tout d’un outil, extrêmement intéressant pour le développement personnel comme pour la performance sportive. 

Le contexte de cette article

Pour une bonne compréhension, je prends un paragraphe pour placer le contexte.

Cet article ne prétend pas dévoiler la vérité absolue, si tant est qu’elle existe. Par contre, j’ai un avis assez claire sur la question car j’ai été moi-même hypnotiseur / hypnothérapeute avant de m’intéressé à la préparation mentale. Diplômé de l’ARCHE, j’ai pratiqué cette discipline plus de 3 ans en cabinet, également en EHPAD en collaboration avec des médecins.

Puis, j’ai décidé de me spécialiser dans l’accompagnement des sportifs et enfin j’ai intégré à l’équipe MENTAL CAMP pour faire de la préparation mentale.

Entre le mythe et la réalité

Cette discipline véhicule énormément de mythes, principalement à cause d’un manque de connaissance du public et des spectacles qui utilisent les effets spectaculaires de certains phénomènes hypnotiques.

Les spectacles vs la réalité

Les fameux, “à 3 vous allez dormir” ou “1, 2, 3, claquement de doigt, maintenant vous faites la poule” viennent exclusivement des spectacles. Messmer étant bien-sûr le plus connu.

Cette pratique est avant tout une mise en scène, même si ce que vous voyez à la tv est bien réel (en général). L’hypnose permet des changements intéressants voir spectaculaires, mais elle est loin du cliché de la prise de pouvoir sur autrui ou du mythe sur le contrôle “absolu” de son inconscient.

L’autohypnose

Avant tout, l’état d’hypnose permet de travailler avec le cerveau, en particulier avec les parties de votre inconscient qui ne sont pas accessibles en temps ordinaire. C’est le cas de beaucoup de disciplines qui utilisent les états de conscience modifiés : PNL, sophrologie, yoga, méditation.

Les pratiques modernes sont d’ailleurs très imprégnées de PNL, qui se veut assez pragmatique et se débarrasse de certains folklores encore présent chez de nombreux praticiens.

La différence entre l’hypnose et l’auto-hypnose est que la première se fait accompagné par un hypnotiseur (aussi appelé hypno-praticien, hypnologue ou hypnothérapeute). Et la deuxième se fait tout seul. Mais dans les cas, c’est un travail sur soi bénéfique.

Un petit comparatif entre les deux :

Accompagné par un praticien Seul
avantages
  • Une aide extérieure
  • Un praticien avec de l’expérience et des compétences
  • Etre challengé : un bon praticien va appuyer là ou il y a besoin de travailler (parfois là ou ça fiat mal)
  • Rapidité : un bon hypnotiseur vous orientera plus rapidement vers les points importants à travailler pour vous en quelques séances
  • Le coût : gratuit sur Internet, quelques dizaines d’euros de livres
  • Apprentissage
  • Autonomie

 

inconvénients
  • Le tarif de l’accompagnement : un coach mental c’est entre 60 et 100€ à toutes les séances de travail
  • L’autonomie dépendra du praticien. Certains vous apprendront les techniques, d’autres non
  • Besoin de se former / de se documenter
  • Mise en place d’une discipline pour pratiquer
  • Entraînement mental général donc non spécifique
  • Manque de remise en question

 

Applications concrètes et gains espérés

On rentre dans le concret, en quoi ces disciplines peuvent aider les athlètes dans leurs performances.

La concentration

Voici un état de conscience modifié qu’on ne nous a jamais appris à gérer. Il existe pas mal de techniques, faciles à apprendre et à mettre en oeuvre pour jouer avec le focus de son attention et l’augmentation de la concentration sur demande.

On peut citer la vision périphérique, la technique de la langue collée au palais ou encore la visualisation.

Exemple : tennis, apprendre à se vider la tête avant se démarrer un match de compétition.

Exemple 2 : au tir à l’arc, avant d’entamer sa séquence de tir

Exemple 3 : au football, pour se concentrer alors les personnes sur le bord du terrain sont agaçantes

La motivation

Trouver la force de s’entraîner quand il fait froid, quand on est fatigué ou juste quand on a pas envie peut parfois être compliqué.

On peut donc augmenter la motivation. Par exemple en jouant sur le ressenti, avec les ancrages ou le carré magique, ou en travaillant sur les valeurs qui se cachent derrière votre pratique sportive. Une poste ? Cela se cache souvent derrière le “pour quoi, dans quel but je fais ce sport”. Avec un peu de pratique, on trouve des leviers puissants.

La confiance en soi et l’estime de soi

Voici une thématique récurrente. Je ne compte plus le nombre de personnes qui sont venues me voir en me disant “je manque de confiance en moi depuis longtemps”. C’est assez fréquent lors d’un retour après une blessure.

Bien souvent, il s’agit plutôt d’estime de soi, qui correspond à la valeur qu’on se donne par rapport à la valeur qu’on aimerait avoir.

On peut bien entendu travailler les deux.

La gestion de l’énergie

Un point souvent négligé au niveau de la préparation mentale. Certains outils permettent de favoriser la récupération ou de mobiliser son énergie dans les temps forts.

Dans cette famille on peut aussi y mettre la gestion de la douleur. L’utilisation des “sous-modalités sensorielles” permet de diminuer une douleur de manière spectaculaire, attention cependant à ne pas confondre ressenti douloureux et blessure.

Il existe aussi des protocoles pour favoriser le sommeil, donc la récupération.

La gestion des émotions

Encore un thème très vaste. Que ceux qui ne se sont jamais mis la pression avant une compétition lèvent le doigt !

Le sport nous connecte à des émotions très fortes. Parfois joyeuses, parfois négatives.

Ça serait sympa de pouvoir se déclencher les bonnes sur demande et pouvoir chasser les mauvaises de manière (presque) instantané avant de démarrer un match ou une épreuve. Vous me croyez si je vous dis que c’est possible ?

Une technique parmi plein d’autres : les ancrages

Et pour quels sports ?

Tous ! En effet, les leviers à travailler ne sont pas les mêmes au golf ou au football. Cependant, le mental a toujours un impact sur les performances d’un athlète, peu importe le sport pratiqué.

D’autres outils à ne pas oublier

En fait, dans la préparation mentale, l’hypnose est un outil parmi d’autres. Je pense que le plus important est de pratiquer les outils qui nous parlent le plus et qui offrent le plus de résultats. D’ailleurs, ces bénéfices peuvent varier d’une personne à l’autre.

En complément, je vous invite à tester la PNL, la sophrologie et la cohérence cardiaque qui me semble les plus aussi accessibles. Et si vous trouvez votre bonheur dans d’autres disciplines que je n’aurai pas cité, faites-vous plaisir.